| Adénopathie superficielle |
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En fonction des renseignements
obtenus lors de cette première étape, les orientations diagnostiques sont
différentes s’il s’agit d’une
01
Affirmer qu’une
La démarche diagnostique
s’appuiera essentiellement sur la rapidité d’évolution, les caractéristiques
physiques, l’examen très soigneux du territoire de drainage de l’ 1- Évolution aiguë :
Il s’agit généralement d’une
infection dans le territoire de drainage de l’
Le diagnostic est aisé devant une
• L’adénite infectieuse « à pyogène » est la plus fréquente. Le foyer infectieux dans le territoire de drainage n’est pas toujours retrouvé. L’adénite peut s’associer à une lymphangite. Quelle que soit l’aire, il peut s’agir d’une infection cutanée. Selon la localisation, on recherche : – cervicale haute : foyer infectieux dentaire, facial, oculaire, oropharyngé dont angine, otite ; – prétragienne : infection oculaire ; – axillaire : lésions du membre supérieur et particulièrement des doigts (panaris) ; – inguino-crurale : lésions du membre inférieur (érysipèle, panaris). La ponction ganglionnaire est souvent évocatrice par la présence de pus qui doit être aspiré pour une étude cytologique et bactériologique. Il faut signaler que la ponction d’un kyste du tractus thyréoglosse ramène un liquide puriforme ; la cytologie rétablit le diagnostic. • D’autres causes sont à rechercher en fonction du contexte : – les maladies aiguës d’inoculation font suite à des morsures, blessures, griffures animales dans le territoire de drainage : il s’agit essentiellement de pasteurellose (plaie très douloureuse, récente – quelques heures – avec écoulement séreux, lymphangite, évolution rapide), et tularémie (morsure de rongeur – dont lièvre – incubation 4-8 jours) ; – les maladies vénériennes sont évoquées devant la notion de rapports sexuels non protégés, d’ulcération génitale, anale ou pharyngienne.
En effet, certaines de ces
affections peuvent s’accompagner d’ Dans cette situation, la sérologie du virus d’immunodéficience humaine et la recherche de gonocoques sont systématiques.
– une La ponction ganglionnaire oriente alors le diagnostic. 2- Évolution chronique ou subaiguë : Une métastase ganglionnaire ou une hémopathie maligne sont les hypothèses à envisager en premier lieu, même si une cause infectieuse n’est pas à exclure.
• Il faut rechercher une tumeur du
voisinage : il s’agit d’
La tumeur est parfois évidente à
l’examen clinique (ou à la radiographie thoracique) dans le territoire drainé
par l’ – mélanome, cancer épidermoïde cutané quelle que soit l’aire ganglionnaire ;
– tumeur des voies aérodigestives
supérieures (plancher de la bouche, langue, lèvres), nodule thyroïdien, pour
une
– dysphagie, masse à la
radiographie thoracique évoquant un cancer de l’oesophage pour une
– tumeur du sein pour une
– masse abdominale, nodules
hépatiques suspects, tumeur testiculaire, pour une
– tumeur de la verge, de la vulve
ou du canal anal pour une Si la tumeur n’est pas évidente, la ponction ganglionnaire oriente le diagnostic en retrouvant des cellules métastatiques ; il est alors nécessaire d’effectuer rapidement un bilan à la recherche d’une néoplasie primitive qui sera biopsiée :
– panendoscopie des voies
aérodigestives supérieures en cas d’
– mammographie en cas
d’
– scanner thoracique et abdominal,
fibroscopie oesogastroduodénale, coloscopie en cas d’ Si ce bilan est négatif ou si la tumeur est difficilement accessible, une biopsie ganglionnaire sera décidée. Pour certains, la ponction d’un ganglion métastatique favoriserait la dissémination locale de la maladie. Ainsi, si le contexte clinique est très en faveur d’une métastase, un bilan à la recherche d’une lésion primitive sans recours préalable à la ponction peut être entrepris. • Certains éléments peuvent orienter vers une hémopathie maligne, essentiellement maladie de Hodgkin ou lymphome malin non Hodgkinien.
Les
Ces hémopathies peuvent également
être décelées devant une poly Les éléments orientant vers une maladie de Hodgkin ou un lymphome malin non hodgkinien, très inconstants, sont : – des signes généraux : fièvre, sueurs, amaigrissement ; – un prurit surtout dans la maladie de Hodgkin et dans les lymphomes malins non hodgkiniens de phénotype T ; – des douleurs ganglionnaires à l’ingestion d’alcool, très rares mais très évocatrices d’une maladie de Hodgkin ; – une élévation des LDH, marqueur d’agressivité et de masse tumorale pour le lymphome malin non hodgkinien (plus que dans la maladie de Hodgkin) ; – une éosinophilie dans la maladie de Hodgkin et dans certains lymphomes non hodgkiniens de phénotype T ; – des cellules lymphoïdes atypiques sur le frottis sanguin dans les lymphomes malins non hodgkiniens avec envahissement médullaire et passage sanguin. La ponction ganglionnaire peut apporter des arguments cytologiques de grande valeur : présence de cellules de Sternberg évoquant la maladie de Hodgkin, frottis homogène de cellules lymphoïdes évoquant un lymphome malin non hodgkinien. Cependant, l’analyse cytologique du frottis ganglionnaire n’a qu’une valeur indicative, et une biopsie ganglionnaire est indispensable pour confirmer l’un de ces diagnostics. L’évolution de certains lymphomes malins non hodgkiniens de haute malignité peut être très rapide avec troubles métaboliques, atteinte neuroméningée, compression, et réaliser une urgence diagnostique et thérapeutique.
• Certaines causes infectieuses
peuvent également être évoquées devant des
Les Adénite à mycobactérie : Mycobacterium tuberculosis (bacille de Koch) est le plus souvent en cause. On y pensera plus volontiers chez un patient originaire du tiersmonde ou issu d’un milieu défavorisé.
Il s’agit d’une ou plusieurs
La biopsie ganglionnaire est nécessaire sauf si la ponction ganglionnaire montre un liquide puriforme contenant des bacilles acido-alcoolorésistants (BAAR) à l’examen direct après coloration de Ziehl. Une culture sur milieu de Löwenstein est indispensable pour l’identification et l’antibiogramme. La recherche d’autres localisations est la règle, et une antibiothérapie sera prescrite pour 6 à 9 mois. Les autres mycobactérioses sont plus rares. Mycobacterium bovis se rencontre plutôt dans des localisations axillaires. Les mycobactéries atypiques se voient surtout chez l’immunodéprimé.
La « bécégite » est une
suppuration au niveau du site d’injection du vaccin associée à une La maladie des griffes du chat (lymphoréticulose bénigne d’inoculation) est évoquée devant la notion de griffure, parfois ancienne (incubation 7 à 60 jours) par un chat.
L’ La ponction ganglionnaire avec coloration de Warthin-Starry peut mettre en évidence des coccobacilles. La sérologie de Bartonella henselae et Afipia felis et surtout la recherche du génome bactérien (sur prélèvement ganglionnaire) apportent le diagnostic de certitude.
La primo-infection toxoplasmique
se présente rarement sous la forme d’une
L’ Sont plus rarement évoquées, à la suite d’un contact vénérien, la syphilis et la maladie de Nicolas-Favre et à la suite de soins dentaires, l’actinomycose cervicale.
02 Poly
Il faut toujours rechercher une splénomégalie associée.
Les principaux éléments
d’orientation devant une poly Ces éléments vont conduire parfois facilement au diagnostic, dans les autres cas, seules la ponction et la biopsie ganglionnaire permettront de porter un diagnostic. 1- Causes infectieuses :
• Évolution aiguë : les
L’existence d’un syndrome mononucléosique à l’examen attentif du frottis sanguin oriente fortement le diagnostic. C’est la présence de grands lymphocytes hyperbasophiles d’aspect atypique, associés à des petits lymphocytes d’aspect normal et à des cellules d’aspect plasmocytaire. Il existe parfois une hyperlymphocytose. Ce syndrome est isolé ou associé à une thrombopénie (d’origine périphérique) et à une discrète neutropénie. Deux causes sont prédominantes, l’une par sa fréquence (la mononucléose infectieuse), l’autre par sa gravité (la primo-infection par le virus d’immunodéficience humaine). La mononucléose infectieuse est une infection d’installation rapide qui associe habituellement une angine, une asthénie très marquée, et parfois une fièvre. Un exanthème morbilliforme spontané ou déclenché par la prise de pénicilline A est très évocateur.
La poly Une cytolyse hépatique est fréquente. Le diagnostic repose soit sur la mise en évidence d’anticorps hétérophiles par test de la mononucléose infectieuse, très sensible (95 %), mais à contrôler par la réaction de Paul-Bunnell-Davidsohn, soit sur la présence d’IgM anti-VCA (viral capside antigen) à la sérologie Epstein-Barr. La primo-infection par virus d’immunodéficience humaine peut être symptomatique. Le tableau est proche de la mononucléose infectieuse : fièvre, syndrome grippal, asthénie, pharyngite, rash déclenché parfois par la pénicilline A, cytolyse hépatique modérée. Ces manifestations sont transitoires, disparaissant en quelques semaines. Il faut rechercher les facteurs de risque. Le diagnostic repose sur la sérologie du virus qui à ce stade peut être encore négative, imposant alors la recherche de l’antigène p24. En cas de forte suspicion, si l’antigène p24 et la sérologie du virus sont négatifs, l’étude de la charge virale peut être demandée.
D’autres étiologies existent :
toxoplasmose ; rubéole (souvent
Le syndrome mononucléosique n’est
pas toujours présent et les
• Évolution chronique : il faut
penser en premier lieu à la lymph
Cette poly
Dans ce contexte, l’apparition
d’ La ponction peut montrer des cellules suspectes et la biopsie ganglionnaire s’impose. D’autres causes infectieuses sont plus rares, brucellose, syphilis secondaire, leishmaniose viscérale, tuberculose ganglionnaire [forme généralisée et (ou) hématopoïétique]. 2- Causes malignes : • Une leucémie aiguë est évoquée, surtout s’il existe également une asthénie, un syndrome infectieux et un purpura. La présence de blastes dans le sang, quel qu’en soit le taux, associée ou non à des signes d’insuffisance médullaire (anémie arégénérative, neutropénie, thrombopénie) est fortement évocatrice du diagnostic. Une pancytopénie sans blastose doit également faire évoquer le diagnostic de leucémie aiguë. Cette hypothèse doit être confirmée en urgence par un myélogramme, et impose une hospitalisation rapide. Il s’agit plus souvent d’une leucémie aiguë lymphoïde que myéloïde. • Le diagnostic de leucémie lymphoïde chronique (LLC) sera évoqué devant une hyperlymphocytose sanguine (lymphocytes > 4 G/L). L’examen du frottis sanguin montre des petits lymphocytes d’aspect banal, et des cellules altérées (ombres de Gümprecht).
L’hyperlymphocytose s’accompagne
d’anémie et (ou) de thrombopénie dans les formes évoluées. La poly L’étude immunologique (marqueurs) des cellules lymphoïdes du sang périphérique est la clef du diagnostic (cellules B, CD5+, CD23+ et faible densité d’expression des Ig de membrane). • D’autres hémopathies lymphoïdes chroniques, proches de la leucémie lymphoïde chronique, mais moins fréquentes peuvent être évoquées sur la présence de cellules lymphoïdes atypiques sanguines. Il existe souvent une hyperlymphocytose accompagnée parfois d’anémie, de thrombopénie, ou de neutropénie. Il peut s’agir d’un lymphome malin non hodgkinien de faible malignité (lymphome folliculaire, lymphome à cellules du manteau) avec dissémination sanguine, d’une leucémie prolymphocytaire, d’une maladie de Waldenström (association à une IgM monoclonale sérique > 5 g/L). L’étude cytologique et immunologique des cellules lymphoïdes du sang périphérique est là encore la base du diagnostic. Ensuite, selon les cas, une biopsie ganglionnaire, un myélogramme, une biopsie médullaire, un caryotype des cellules tumorales pourront être demandés.
• Il existe parfois des signes
très suspects de lymphome malin non hodgkinien ou de maladie de Hodgkin
particulièrement devant une poly Le résultat de la ponction ganglionnaire renforce en général la suspicion. Mais la biopsie ganglionnaire est indispensable pour affirmer le diagnostic et préciser le type du lymphome.
• Plus rarement une
poly Le diagnostic fortement suspecté à la ponction ganglionnaire sera confirmé par la découverte d’une tumeur primitive ou par la biopsie ganglionnaire. 3- Autres causes :
• La sarcoïdose est évoquée devant
une poly
La radiographie pulmonaire est
évocatrice : Le diagnostic repose sur la mise en évidence d’un granulome épithélioïde et gigantocellulaire sans caséum à la biopsie ganglionnaire.
• Au cours des maladies
systémiques, les Elles sont rencontrées dans le lupus surtout, mais aussi dans la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Still, la dermatomyosite, le syndrome de Gougerot-Sjögren, la maladie de Kawasaki, la maladie de Whipple…
• Une prise médicamenteuse peut
induire la survenue d’ Néanmoins, une telle hypothèse ne sera retenue qu’après élimination des autres causes.
La disparition de ces
Certaines affections peuvent être
responsables de poly
Il s’agit de la maladie de
Castleman, des Dans ces situations, seule la biopsie ganglionnaire permet d’écarter le diagnostic de lymphome.
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