| Diarrhée |
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Page 1 sur 4 01Définir la diarrhéeElle est définie par des émissions quotidiennes trop fréquentes de selles trop abondantes, liquides ou très molles (poids supérieur à 300 g/j). En pratique, on parle de diarrhée (définition de l’OMS) lorsqu’il y a au moins trois selles très molles à liquides par jour.02Distinguer la diarrhée aiguë de la diarrhée chronique
Les diarrhées aiguës sont le plus souvent de
nature infectieuse. Elles sont très fréquentes dans les pays en
développement et y représentent une cause majeure de mortalité
infantile. Elles sont fréquentes et le plus souvent bénignes dans les
pays industrialisés. En France, 5 % des habitants consultent chaque
année un médecin généraliste pour diarrhée aiguë, avec un pic
épidémique hivernal attribué aux virus. La diarrhée est habituellement
associée à des douleurs abdominales et des vomissements. Elle est accompagnée de fièvre une fois sur deux ; elle est hémorragique une fois sur cent.
Les diarrhées aiguës régressent le plus souvent spontanément ou sous
traitement symptomatique en moins de 5 jours. Un arrêt de travail est
prescrit une fois sur trois.
Les diarrhées chroniques sont rares. Elles
débutent habituellement de manière progressive. Lorsqu’elles débutent
de manière soudaine (c’est en particulier parfois le cas de la maladie
de Crohn, de la rectocolite hémorragique et des colites
microscopiques), elles se confondent dans leurs premiers jours
d’évolution avec les diarrhées aiguës.
03Connaître la différence entre une diarrhée et un syndrome dysentérique
Le
syndrome dysentérique est défini par des évacuations glaireuses et
sanglantes pouvant ne pas contenir de matières fécales. Il s’y associe
habituellement des épreintes et une sensation de ténesme.
04Citer les éléments d’interrogatoire et les examens paracliniques pouvant être utiles au diagnostic causal d’une diarrhée aiguë
L’interrogatoire
doit reconstituer toutes les prises médicamenteuses des 2 derniers mois
et chercher des facteurs de risque de diarrhée aiguë infectieuse (cf
3.2.7). Sauf
exceptions (voir l'arbre décisionnel), il n'est pas nécessaire de
prescrire des examens complémentaires pour explorer les diarrhées
aiguës, qui sont pour la plupart bénignes et résolutives en moins de 3
jours. Les examens paracliniques qui peuvent être utiles au diagnostic
étiologique de diarrhée aiguë sont la recherche de parasites et de
germes pathogènes dans les selles et l'endoscopie colique avec biopsies.
05Enumérer les causes de diarrhée aiguë
Les
principales sont bactériennes (le germe lui-même ou sa toxine),
parasitaires, virales, médicamenteuses (antibiotiques, colchicine,
biguanides, chimiothérapie anticancéreuse, etc.); plus rarement
inflammatoires (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique ou colite
microscopique de début aigu) ou par intolérance alimentaire (polyols);
exceptionnellement ischémiques, dans un contexte différent.
06Citer les principaux germes pathogènes que l’on peut identifier dans les selles
Dans
les rares cas où des examens de selles sont nécessaires pour explorer
une diarrhée aiguë (voir l'arbre de décision au paragraphe 3.2.4), les salmonelles, les shigelles et Campylobacter sont les germes qui devraient être recherchés systématiquement
par ensemencement des selles sur milieux sélectifs. D’autres germes,
nécessitant aussi des milieux de culture sélectifs particuliers,
doivent faire l’objet d’une demande explicite de recherche (exemples : Yersinia, E.coli O157:H7, Klebsiella oxytoca). Clostridium difficile n’est pathogène que via ses toxines A ou B, dont la recherche est souvent utile en cas d’antibiothérapie en cours ou récente.
07Citer les principaux facteurs de risque de diarrhée aiguë infectieuse
Les infections intestinales (bactéries, virus, parasites) se transmettent par l’eau (sauf bouteilles d’eau commercialisées encapsulées), y compris parfois accidentellement par les circuits d’eau potable contrôlée, par les aliments, au cours des baignades (en piscine, en eau douce ou en mer, surtout s’il y a immersion de la tête) et de façon inter-humaine via les mains souillées par les fèces. La transmission inter-humaine peut être réduite par des mesures d’hygiène simples (lavage soigneux des mains avant de faire la cuisine, de passer à table et après être allé aux toilettes).
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