La médecine

Diarrhée Suggérer par mail
Certains aliments sont responsables d’intoxications (tableau digestif de quelques heures après incubation courte (< 6 heures) dues au transit intestinal de toxines produites par certaines bactéries (telles que Bacillus cereus (riz), Staphyloccus aureus ou Clostridium
perfringens (plats cuisinés)). Les coquillages peuvent contenir des toxines du plancton responsables de malaises digestifs et/ou neurologiques brefs. Les aliments les plus à risque de transmettre une infection intestinale sont les coquillages crus (virus, vibrios, salmonelles), certains poissons crus (anisakiase rare en France), les aliments à base d’œufs crus (Salmonella enteritidis),les produits laitiers au lait cru (salmonelles), la viande de bœuf insuffisamment cuite (rouge ou rosée à cœur,salmonelles, E.coli entéro-hémorragiques et Taenia saginata), les volailles insuffisamment cuites (chair rosée à cœur, Campylobacter, salmonelles), la viande de porc insuffisamment cuite (Yersinia, salmonelles). Des aliments sains ou stérilisés par la cuisson peuvent être contaminés secondairement avant consommation au contact d’aliments crus contaminés (contamination croisée) ou des mains sales de l’homme (ceci expliquant la contamination des aliments par des pathogènes strictement humains tels que Salmonella typhi ou Shigella). 

08Savoir reconnaître une toxi-infection alimentaire collective (TIAC) et son évolution ; connaître les principes de la conduite à tenir et de la prévention

Les diarrhées par toxi-infection familiale ou collective se définissent par l’apparition d’au moins 2 cas groupés similaires d’épisodes digestifs dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire. Toute TIAC doit faire l’objet d’une déclaration à l’autorité sanitaire départementale (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) ou à la direction départementale des services vétérinaires (DDSV). Cette déclaration est obligatoire d’une part pour tout docteur en médecine qui en a constaté l’existence, d’autre part pour le principal occupant, chef de famille ou d’établissement, des locaux où se trouvent les malades. La déclaration obligatoire permet de réaliser si nécessaire une enquête épidémiologique et vétérinaire destinée à identifier les aliments responsables et les facteurs favorisants afin de prendre des mesures spécifiques pour prévenir les récidives.
Après investigation, les déclarations et les rapports d’investigations sont transmises à la direction générale de l’alimentation pour les TIAC déclarées aux DDSV et à l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) pour les TIAC déclarées aux DDASS. Une mise en commun et une synthèse de ces données est réalisée et publiée annuellement. Cette synthèse permet de surveiller les tendances évolutives des TIAC (en terme d’incidence, d’agents et d’aliments en cause). Les principales causes de TIAC déclarées en France sont les salmonelles (70 % des TIAC), Clostridium perfringens pour les plats en sauce et Staphyloccus aureus pour les préparations ayant nécessité des manipulations et des produits laitiers
En restauration collective, les principales mesures préventives sont le respect des bonnes pratiques de transport, stockage et préparation des aliments, et le respect strict des chaînes du chaud et du froid. En milieu familial, il est recommandé et conserver les produits sensibles (viande, œufs, poissons, etc) dans le réfrigérateur et de les y placer rapidement après achat, de bien cuire les œufs destinés aux personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, femmes enceintes), de préparer les aliments à base d’œufs non cuits (mayonnaise, pâtisserie) le plus près possible de la consommation et de consommer les viandes hachées et les volailles cuites à cœur (absence de teinte rosée). Les règles d’hygiène (lavage des mains à la sortie des toilettes, avant de préparer les repas) et les bonnes pratiques permettant d’éviter les contaminations croisées au moment de la préparation des aliments (par exemple ne pas utiliser le même couteau pour couper de la viande et les crudités, nettoyage des plans de travail) ou lors du stockage doivent être rappelées.

 

09Identifier les facteurs de gravité d’une diarrhée aiguë

- Terrain de gravité potentielle de la diarrhée : grand vieillard, nourrisson, valvulopathie cardiaque, immunodépression avérée (par exemple, chimiothérapie anti-cancéreuse en cours) ;
- Signes de sepsis sévère (rare) :  hypothermie ou fièvre supérieure à 40°C, chute tensionnelle, marbrures
- Signes de déshydratation avec ou sans collapsus.

10Connaître la fréquence et les causes de diarrhée chez un sujet recevant des antibiotiques

Plus de 10 % des sujets recevant des antibiotiques souffrent d’une diarrhée. Celle-ci est le plus souvent bénigne, transitoire, vite régressive à l'arrêt de l'antibiothérapie,  et ne s’accompagne pas de fièvre. Cette diarrhée, qui ne nécessite la mise en oeuvre d'aucun examen complémentaire,  serait due alors à des modifications métaboliques digestives, dont une diminution de la capacité de fermentation de la flore bactérienne du côlon. Plus rarement (10 % des cas de diarrhée des antibiotiques en dehors d'un contexte nosocomial), la diarrhée des antibiotiques est due à l’émergence d’un germe pathogène, tout particulièrement Clostridium difficile et, moins souventKlebsiella oxytoca (diarrhée hémorragique). La colite pseudomembraneuse est la forme la plus sévère d’infection liée à Clostridium difficile ; elle se manifeste en général par une diarrhée abondante s'accompagant de fièvre et retentissant sur l’état général ; son diagnostic repose sur la mise en évidence de la toxine A ou B du germe dans les selles et/ou sur la mise en évidence de pseudomembranes (mottes surélevées jaunâtres, faites en microscopie de fibrine, de leucocytes, de débris tissulaires et de mucus) lors d’une endoscopie recto-colique.

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