La médecine

Diarrhée Suggérer par mail

11Définir l’épidémiologie, les signes cliniques, les principales causes et les méthodes de prévention de la diarrhée des voyageurs (turista)

Un voyageur risque d’autant plus de développer une diarrhée qu’il se déplace d’un pays à haut niveau d’hygiène vers un pays à bas niveau d’hygiène, particulièrement en climat tropical. Le taux d’attaque atteint alors régulièrement 30 à 40 %, chiffre encore largement dépassé dans certaines destinations La diarrhée du voyageur survient habituellement dans la première semaine (surtout 3ème-4ème jour), bien qu’un deuxième pic soit décrit au 10ème jour. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une diarrhée hydrique bénigne, résolutive en un à trois jours, mais qui peut être particulièrement inconfortable en voyage. Les causes sont majoritairement bactériennes (dominées elles-mêmes par les E.coli entérotoxinogènes, quelles que soient les destinations), plus rarement parasitaires (amibiase, giardiase, infections à Cyclospora cayetanensis en zones tropicales et saison humide) ou virales. Les conseils de prévention pour le voyageur sont de ne consommer que de l’eau encapsulée ou décontaminée chimiquement, d’éviter les glaces et glaçons, les fruits de mer, les crudités, les plats froids, les viandes et poissons peu ou pas cuits, les fruits sauf à peau et pelés au dernier moment. Une chimio-prévention antibiotique de la diarrhée du voyage est théoriquement efficace (en particulier quinolones) mais ses inconvénients potentiels la font réserver à des terrains à risque majeur et des situations exceptionnelles.
Lorsqu’une diarrhée apparaît ou se prolonge au retour de voyage, des examens de selles doivent être réalisés (coproculture et 2 ou 3 examens parasitologiques). S’ils sont négatifs, un traitement antibiotique et anti-parasitaire empirique peut être proposé. S’il est inefficace, ou d’emblée si l’état général est altéré, la réalisation d’examens morphologiques invasifs (endoscopie gastro-duodénale et coloscopie avec biopsies) est justifiée.

 

12Connaître les principes du diagnostic et du traitement de l’amibiase intestinale, de la giardiase, de l’ascaridiose, de l’oxyurose et de la taeniase à Taenia saginata.

L’amibiase est une protozoose due à Entamoeba histolytica, surtout fréquente dans les pays chauds ; en Europe occidentale, les amibiases autochtones sont rares. Dans ces pays, le taux de portage de kystes amibiens dans les selles de la population générale est de l'ordre de 5 %, mais correspond le plus souvent au portage d'Entamoeba dispar (amibe non pathogène) et non d'Entamoeba histolytica, ces deux formes parasitaires ne pouvant être discriminées par les techniques parasitologiques traditionnelles . La contamination se fait par ingestion de kystes (eau, aliments, mains sales). En dehors du fréquent portage latent cliniquement (amibiase-infestation), l’amibiase intestinale se traduit habituellement par une diarrhée, le plus souvent non hémorragique et sans fièvre, de début insidieux et d'évolution fluctuante, accompagnée de douleurs abdominales et de perte de poids. Néanmoins, l'amibiase peut aussi se traduire par une colite aiguë avec syndrome dysentérique, une colite sévère fulminante (surtout chez les enfants en zone de forte endémie) et le très rare amoebome (pseudo-tumeur de la paroi intestinale). Le diagnostic de certitude repose sur la mise en évidence de formes végétatives mobiles et/ou hématophages sur des selles fraîchement émises. A défaut, on cherchera des formes kystiques de façon répétée (émission intermittente des parasites) par examen parasitologique standard des selles. La sérologie par hémagglutination indirecte est sensible au cours des colites. Le traitement repose sur les dérivés imidazolés.

La giardiase (ou lambliase), due à Giardia intestinalis, est une protozoose ubiquitaire particulièrement fréquente en zone tropicale. La contamination se fait par ingestion de kystes (eau, aliments, mains sales). Le parasite se fixe à l’épithélium du duodénum et de l’intestin grêle sans l’envahir. En dehors du fréquent portage sain, la giardiase peut donner lieu à une diarrhée aiguë modérément fébrile une fois sur deux, spontanément résolutive. Si l’infection n’est pas traitée, le passage à un état de diarrhée chronique fluctuante est rare mais possible, surtout en cas de carence en immunoglobulines de l’hôte. Le diagnostic repose à la phase aiguë sur la recherche de kystes répétée dans les selles. Le diagnostic est également possible par biopsie duodénale (intérêt surtout dans les formes chroniques au cours desquelles les examens de selles, même répétés, peuvent être négatifs). Le traitement repose sur les dérivés imidazolés.

L’ascaris (Ascaris lumbricoïdes) est un nématode d’environ 20 cm de long. La contamination se fait par ingestion d’œufs et touche surtout les enfants. L’infection est ubiquitaire, particulièrement fréquente dans les pays chauds. Après la phase d’invasion (toux fébrile), l’infection peut être asymptomatique ou donner lieu à des douleurs abdominales, parfois associées à une diarrhée, une anorexie ou des nausées. Dans les infestations massives (pays en développement), une diarrhée persistante, parfois hémorragique, est possible. Le diagnostic est affirmé par la mise en évidence d’un vers adulte ou d’œufs dans les selles. Une hyperéosinophilie est fréquente, surtout marquée à la phase d’invasion. De nombreux médicaments (flubendazole, lévamisole, etc.) sont efficaces.

L’oxyure (Enterobius vermicularis) est un nématode de quelques mm de long. L’oxyurose est une parasitose ubiquitaire qui atteint volontiers les enfants. La femelle pond des œufs au niveau de l’anus. Le symptôme principal est le prurit anal, source d’auto-infestation. Le traitement (pyrvinium, flubendazole ou pyrantel) doit intéresser le malade et son entourage familial ou de collectivité, associé à des mesures d’hygiène (hygiène des mains et des ongles, nettoyage des draps).

Taenia saginata (taenia du bœuf) est responsable de la grande majorité des teniasis en France. C’est un ver plat pouvant atteindre 4 à 5 m de long. L’homme se contamine par ingestion de viande peu cuite. Le parasite émet des anneaux au bout de 2 à 3 mois et peut vivre plusieurs années. Le parasitage est souvent asymptomatique mais peut donner lieu à des symptômes très variés, particulièrement pendant la phase d’invasion: douleurs abdominales de siège et de type variés, modifications du goût et de l’appétit (de la boulimie à l’anorexie), troubles psychiatriques. Une hyperéosinophile fluctuante est possible. Le diagnostic de certitude repose sur la découverte d’anneaux ou d’œufs dans les selles. Le niclozamide (deux cps à jeun renouvelés une heure plus tard) est efficace.

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