La médecine

Diarrhée Suggérer par mail

13Exposer les principes du traitement d’une diarrhée aiguë sans caractères de gravité

Il repose sur le traitement symptomatique, les antibiotiques étant rarement nécessaires (cf. paragraphe suivant) et les antiseptiques dune utilité très discutable :

– la compensation des pertes fécales hydrosodées par des boissons abondantes et une alimentation sans résidus bien salée et riche en glucose (les glucides lents contenus dans les féculents (riz, pâtes) sont riches en glucose, qui favorise l’absorption de l’eau et du sodium)

– les ralentisseurs du transit de type lopéramide (contre-indiqués en cas de diarrhée hémorragique et/ou associée à une fièvre élevée) et/ou les antisécrétoires de type racécadotril

– les médicaments antispasmodiques en cas de douleurs

 

14Connaître les principes de l’utilisation des antibiotiques dans le traitement d’une diarrhée aiguë

En présence de facteurs de gravité de la diarrhée (terrain très vulnérable, fièvre >39°C avec frissons, diarrhée hémorragique témoignant d’une colite sous-jacente), une antibiothérapie empirique est justifiée après réalisation des prélèvements microbiologiques. Elle doit couvrir les principales bactéries responsables d’infections intestinales (exemple : ciprofloxacine à la dose de 1g/jour pendant 5 jours) et l’amibiase en cas de diarrhée hémorragique ou contractée pendant un voyage (métronidazole à la dose de 1,5 g/jour pendant 7 jours).

Une diarrhée des antibiotiques à Clostridium difficile est traitée de première intention par le métronidazole à la dose de 1 g/jour pendant 10 jours.

Une diarrhée hémorragique sous antibiotiques, le plus souvent liée à une infection à Klebsiella oxytoca, cède spontanément habituellement en moins de 24 heures à l’arrêt du traitement antibiotique. Sinon, la ciprofoxacine (1g/jour pendant 5 jours) est habituellement efficace.

 

15Connaître les principes généraux du diagnostic d’une diarrhée chronique et les examens complémentaires potentiellement utiles au diagnostic.

Une diarrhée est dite chronique au bout d’un mois d’évolution. Un interrogatoire minutieux doit permettre d’éliminer le diagnostic de fausse diarrhée (petites selles dures explosives accompagnées d'un liquide de sécrétion muqueuse) et de dégager les caractéristiques sémiologiques dominantes de la diarrhée (diarrhée motrice), diarrhée par malabsorption, diarrhée sécrétoire (hydrique, abondante, persistant à jeun). L’examen physique permet parfois d’obtenir des éléments d’orientation sur la cause de la diarrhée (examen thyroïdien, recherche d’une hypotension orthostatique, d’un syndrome tumoral abdominal).

Parfois, la cause de la diarrhée est évidente dans le contexte (diarrhée médicamenteuse, hyperthyroïdie déjà connue). Sinon, le choix et l’ordre des examens dépendent individuellement du contexte clinique. Les examens biologiques peuvent être demandés pour confirmer et caractériser la diarrhée (fécalogramme), mettre en évidence un syndrome inflammatoire (Protéine C réactive), des carences secondaires à la diarrhée (NFS, ionogramme (calcémie, magnésémie), albuminémie, bilan martial, folates sériques, vitamine B12) ou explorer des pistes étiologiques (examen parasitologique des selles, recherche de laxatifs dans les selles, sérologie VIH, TSH, anticorps anti-gliadine et anti-endomysium, anticorps anti-facteur intrinsèque et anti-cellules pariétales gastriques, dosage pondéral des immunoglobulines, dosage des peptides potentiellement responsables de diarrhée (sérotonine, VIP, thyrocalcitonine, gastrine)). Sauf dans de rares contextes d'immunosuppression, les diarrhées chroniques ne sont pas de cause bactérienne, et la coproculture est donc inutile dans la majorité des cas de diarrhée chronique stable.

Les examens morphologiques sont dominés par les examens endoscopiques (endoscopie oeso-gastro-duodénale avec biopsies fundiques et duodénales, iléo-coloscopie avec biopsies étagées). La coloscopie sera réalisée d‘emblée lorsque la diarrhée est cliniquement glairo-hémorragique ou que les examens de selles ont montré la présence de leucocytes ou d’hématies en excès. Dans les autres cas, ils seront réalisés d’autant plus rapidement qu’il existe des arguments cliniques et/ou biologiques en faveur d’une maladie coeliaque, d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, d’une colite microscopique, d’une tumeur colique….Les autres examens morphologiques (échographie et tomodensitométrie abdominales, échographie thyroïdienne, scintigraphie à l’octréotide) sont surtout utiles à la recherche d’une cause tumorale de la diarrhée chronique (notamment cancer du pancréas et tumeurcarcinoïde).

Voir aussi



 
< Précédent   Suivant >

A la une

  • Cancer de l'ovaire
    Aperçu rapide | Lire la suite...
    Le cancer de l'ovaire est le second cancer gynécologique le plus fréquemment diagnostiqué associé à la plus faible mortalité ; il est la 4e principale cause de décès par cancer chez les femmes aux USA. Environ 1 femme sur 70 développe un cancer de l'ovaire et 1 sur 100 meurt de ce cancer. Le cancer de l'ovaire atteint principalement les femmes péri et post-ménopausées.
  • Cancer de l'endometre
    Aperçu rapide | Lire la suite...
    Aux USA, le cancer de l'endomètre est le cancer gynécologique le plus fréquent et le 4e cancer le plus fréquent chez les femmes, après le cancer du sein, le cancer colorectal et le cancer du poumon. Environ 34 000 nouveaux cas de cancer de l'endomètre ont été diagnostiqués en 1996.
  • Endométriose
    Aperçu rapide | Lire la suite...
    Maladie bénigne dans laquelle du tissu endométrial fonctionnel est présent hors de la cavité utérine. L'endométriose est habituellement limitée aux zones péritonéales ou séreuses des organes intra-abdominaux, fréquemment les ovaires, le ligament large postérieur, le cul-de-sac postérieur, et les ligaments utérosacrés.
  • Soigner sa diarrhée
    Aperçu rapide | Lire la suite...
    La diarrhée ne dure généralement pas plus de quelques jours. Il est toutefois conseillé de consulter un médecin en cas de fièvre, de sang dans les selles ou de selles très fréquentes (plus de 10 fois par jour) car elle peut être alors le signe d'une infection sévère ou d'un début de maladie chronique intestinale.
  • Maladie inflammatoire pelvienne
    Aperçu rapide | Lire la suite...
    Infection des voies génitales supérieures de la femme, qui comprend l'endométrite (infection de la cavité utérine), la salpingite (infection des trompes de Fallope), la cervicite mucopurulente (infection du col) et l'oophorite ou ovarite (infection des ovaires).
Ulcère duodénal et ulcère gastrique : gé...
01Expliquer schématiquement la conception physiopathologique, et les facteurs favorisant l&r...
Explorations de l'ntestin grêle
01Citer les méthodes d'exploration morphologique du grêle L’endoscopie haute p...
Guérir le nez en traitant les pieds
Si vous souffrez d’une congestion nasale assez grave et d’une grippe, que vou...
Soigner sa diarrhée
La diarrhée ne dure généralement pas plus de quelques jours. Il est toutefois...