La médecine

Accueil arrow Cours de gynécologie obstétrique arrow Fibromes uterins (Leïomyomes ; myomes ; fibromyomes)
Fibromes uterins (Leïomyomes ; myomes ; fibromyomes) Suggérer par mail
Tumeurs utérines bénignes formées de tissu musculaire lisse. Les fibromes utérins sont les tumeurs pelviennes les plus fréquentes, et surviennent chez 1/4 des femmes de race blanche et 1/2 des femmes de race noire. Au niveau de l'utérus, les fibromes sous-muqueux, intramuraux et sous-séreux sont les plus fréquents.
Parfois, les fibromes se localisent au niveau du ligament large (intraligamentaire) ou dans les trompes de Fallope ; 5 % intéressant le col. Il existe habituellement plusieurs fibromes. Certains sont pédiculés. Les fibromes sont monoclonaux, ayant probablement pour origine une seule cellule musculaire lisse. Ayant des récepteurs pour les oestrogènes, ils ont tendance à augmenter de taille au cours des années d'activité sexuelle de la femme et régressent après la ménopause. La dégénérescence débute avec la réduction de la vascularisation et est décrite comme une dégénérescence hyaline, myxomateuse, calcifiée, kystique, graisseuse, rouge (habituellement isolée pendant la grossesse), ou nécrotique. Bien que les patientes soient souvent préoccupées de la présence d'une dégénérescence néoplasique, la transformation sarcomateuse est extrêmement rare.

01Symptomatologie

Les fibromes sont souvent asymptomatiques, mais peuvent provoquer une ménorragie, une méno-métrorragie, des compressions ou des douleurs sévères (par croissance, dégénérescence, hémorragie, ou torsion d'un fibrome pédiculé), des troubles urinaires ou intestinaux (p. ex. pollakiurie ou envie d'uriner, constipation), des avortements récidivants et une stérilité. La dégénérescence ou la croissance d'un fibrome causent une douleur aiguë qui peut devenir chronique, avec dégénérescence progressive. Les fibromes n'empêchent habituellement pas une grossesse ; néanmoins, ils peuvent la compliquer, déclenchant des contractions ou un travail prématuré ou une mauvaise présentation du foetus et peuvent même imposer une césarienne.

02Diagnostic et traitement

Le diagnostic est fait par un examen gynécologique et peut être confirmé par échographie, TDM, ou IRM. Un examen gynécologique est répété dans les 4-6 mois qui suivent le diagnostic pour vérifier la vitesse de croissance du fibrome. Pour les fibromes stables, un contrôle annuel est suffisant. Chez les patientes asymptomatiques, aucun tt n'est nécessaire. Chez les patientes symptomatiques, les options médicales, qui prévoient la suppression de la sécrétion oestrogénique pour arrêter les saignements, n'ont pas une efficacité totale et sont limitées. Le tt pré-opératoire par les agonistes de la gonadolibérine (GnRH) prévient l'anémie avant intervention chirurgicale. La ménorragie ou la méno-métrorragie doivent être traitées avant d'envisager l'intervention chirurgicale (voir Hemorragies genitales).
Les progestatifs exogènes peuvent inhiber, en partie, la stimulation oestrogénique induisant la croissance du fibrome utérin. L'acétate de médroxy-progestérone, 5-10 mg/j per os ou l'acétate de mégestrol, 10-20 mg/j per os, pendant 10-14 j à chaque cycle menstruel, peuvent limiter les saignements importants après 1 ou 2 cycles. Inversement, le tt par voie orale peut être administré en continu (chaque jour du mois) ; il peut être à l'origine d'une réduction du saignement global, mais souvent il provoque des saignements irréguliers ou des spottings (microrragies), que la patiente accepte mieux si elle a été informée avant le début du tt. L'acétate de médroxy-progestérone Dépôt, 150 mg IM tous les 3 mois, est efficace contre les saignements comme le tt par voie orale en continu, mais possède aussi des propriétés contraceptives. Avant l'administration IM, les progestatifs oraux doivent être testés de manière à s'assurer que la patiente tolère les effets secondaires qu'ils induisent (p. ex. prise de poids, dépression, saignements irréguliers).
Le danazol, un agoniste androgénique, peut inhiber la croissance du fibrome, mais induit de nombreux effets secondaires (p. ex. prise de poids, acné, hirsutisme, oedème, perte de cheveux, raucité de la voix, bouffées de chaleur, sudation, sécheresse vaginale) et il est, pour cette raison, moins bien supporté par la patiente.
Les agonistes de la GnRH injectés par voie IM, s.c., ou administrés en spray nasal présentent davantage d'intérêt lorsqu'ils sont utilisés en pré-opératoire pour réduire le volume du fibrome et de l'utérus. En général, ces médicaments ne doivent pas être utilisés en continu parce qu'une croissance rebond avec récupération des dimensions du fibrome avant tt est fréquente dans les 6 mois qui suivent l'arrêt, souvent avec une augmentation des saignements et de la douleur. Le tt prolongé par la GnRH est également associé à une perte rapide de tissu osseux et est donc déconseillé. Dans l'ensemble, les femmes de moins de 35 ans récupèrent leur masse osseuse après l'interruption du tt par la GnRH, mais cela n'est pas observé chez les femmes  35 ans. L'administration concomitante d'oestrogènes est à l'étude pour déterminer si leur utilisation prolongée peut prévenir la perte du tissu osseux.
Les options chirurgicales sont la myomectomie et l'hystérectomie ; ce sont les 2 interventions les plus importantes. La chirurgie est habituellement réservée aux femmes qui ont une masse pelvienne de croissance rapide, un saignement utérin récidivant qui ne répond pas au tt médical, une douleur ou une compression persistante ou intolérable, ou des troubles urinaires ou intestinaux. La myomectomie peut être utile chez les femmes qui présentent des avortements spontanés à répétition ou sont stériles et qui désirent une grossesse lorsqu'aucune autre cause de stérilité ne peut être trouvée. Les indications de l'hystérectomie sont les mêmes que celles de la myomectomie, mais l'hystérectomie n'est pratiquée que si la femme ne désire plus de grossesses. Plusieurs myomectomies peuvent être beaucoup plus difficiles que l'hystérectomie. Lorsque les fibromes sont enlevés, il peut ne rester qu'une partie réduite ou pas du tout de myomètre normal, ce qui rend impossible la restauration d'un utérus normal. Le choix de la patiente est important, mais il doit reposer sur une information complète concernant les difficultés qui pourront être rencontrées et les séquelles de la myomectomie en la comparant à l'hystérectomie.  
Référence msd-france.com
 
< Précédent   Suivant >

Suivez-nous

. La-médecine.infoon
  • Gastrite érosive aiguë
    Aperçu rapide | Lire la suite...
    Les causes comprennent les médicaments (spécialement les AINS, anti-inflammatoires-non stéroïdiens), l'alcool et les stress aigus survenant chez les patients en état critique. Les causes moins fréquentes comprennent la radiothérapie, les infections virales (p. ex. cytomégalovirus), les lésions vasculaires et les lésions traumatiques directes (p. ex. sondes naso-gastriques).
  • Ulcère gastroduodénal
    Aperçu rapide | Lire la suite...
    Segment excorié de la muqueuse digestive, typiquement dans l'estomac (ulcère gastrique) ou dans les premiers centimètres du duodénum (ulcère duodénal), qui pénètre à travers la muqueuse musculaire. L'ulcère peut avoir un diamètre variable de quelques millimètres à quelques centimètres.
  • Echocardiographie
    Aperçu rapide | Lire la suite...
    L'échocardiographie est une technique ultrasonique destinée au diagnostic des maladies cardiovasculaires. Elle est subdivisée en différents types : le mode M, bidimensionnel (2D), le Doppler spectral, le Doppler couleur, de contraste et l'échographie d'effort.
  • Diarrhée -bis-
    Aperçu rapide | Lire la suite...
    Augmentation de fréquence de la défécation, du contenu en liquides ou du volume des selles.
    Dans les sociétés occidentales, le poids des selles d'un adulte sain est de 100-300 g/j, en tenant compte de la quantité de matière non absorbable contenue dans le régime (principalement les hydrates de carbone).
  • Hémorragie digestive
    Aperçu rapide | Lire la suite...
    Extériorisation du sang par des vomissements (hématémèse), de sang rouge par l'anus (rectorragie), l'évacuation de selles noirâtres (méléna), ou le saignement chronique occulte du tube digestif. Une hémorragie digestive peut prendre naissance à un niveau quelconque du tube digestif, depuis la bouche jusqu'à l'anus et être visible ou occulte.